Apprendre les tons du vietnamien
Six signes, six mélodies. ma, mà, má,
mả, mã, mạ sont six mots différents, et la seule chose qui
les sépare est ce que fait la voix sur une syllabe.
Les six tons
| Signe | Nom | Ce que fait la voix | Mesuré sur |
|---|---|---|---|
| a | ngang | plat, à mi-hauteur | 486 |
| à | huyền | bas et descendant | 457 |
| á | sắc | montant et tendu | 191 |
| ả | hỏi | descend puis remonte | 150 |
| ã | ngã | monte en se cassant | 145 |
| ạ | nặng | bas, bref, coupé net | 410 |
La colonne de droite n'est pas décorative : c'est le nombre d'enregistrements natifs dont chaque contour est la moyenne. Les courbes de référence viennent de 47 locuteurs, pas d'un professeur qui prononce chaque ton une fois.
Les entendre n'est pas le plus dur
La plupart des apprenants distinguent má de mà en une semaine. Ce qui
prend des mois, c'est de les produire — et la raison est simple : on n'entend pas sa propre
hauteur pendant qu'on parle. Le crâne conduit le son autrement que l'air, et l'attention est sur
les mots.
On répète donc après un enregistrement, ça sonne juste à l'oreille, et c'est faux. Rien ne dit dans quel sens, ni de combien. C'est dans cet écart que la plupart des gens abandonnent.
Le remède est de le voir. On dit la syllabe, et l'application trace la hauteur de la voix par-dessus la courbe native. Deux demi-tons d'écart se voient ; le même écart est inaudible pour celui qui vient de le produire.
Six tons, ou cinq ?
Cela dépend d'où l'on est. Le vietnamien du Nord distingue les six. Celui du Sud en a cinq : hỏi et ngã fusionnent, et la rupture glottale de ngã disparaît. Aucun des deux n'est plus correct — ce sont deux accents d'une même langue, parlés par une quarantaine de millions de personnes chacun.
Ça compte dès le premier jour, pas plus tard : apprendre les deux réalisations d'une même lettre, c'est tenir deux systèmes en tête pour les cinq sons les plus durs. Il faut choisir. L'application pose la question au départ, et laisse changer d'avis.
Le contraste le plus dur
ngã contre hỏi est celui qui résiste le plus longtemps à tous les non-natifs. Les deux commencent par descendre. L'un remonte doucement ; l'autre remonte à travers une cassure de la voix — un accroc, comme le début d'une toux. Une page entière lui est consacrée.
Par où commencer
Pas par les tons. Par les voyelles — parce qu'un ton se pose sur une voyelle, et qu'un francophone fait glisser les siennes sans s'en apercevoir. Une voyelle qui glisse rend illisible n'importe quel ton posé dessus.
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