Les pronoms vietnamiens

Il n'existe ni « je » ni « tu » neutres. Chaque fois que vous ouvrez la bouche, vous vous situez par rapport à la personne en face — par l'âge, par la relation, par le contexte. C'est la partie du vietnamien qu'aucune quantité de vocabulaire ne compense.

Les pronoms sont des termes de parenté

Le vietnamien n'a pas de série fermée de pronoms à part. Il emprunte les mots de la famille et les emploie pour tout le monde — une commerçante est une « grande sœur », un chauffeur un « grand frère », un vieil homme un « grand-père ».

On dit À qui Littéralement
ôngun homme âgé, très respectueuxgrand-père
une femme âgée, très respectueuxgrand-mère
bácquelqu'un de l'âge de tes parents ou plusaîné(e) d'un parent
chúun homme nettement plus âgéfrère cadet du père
une femme plus âgée — et toute enseignantesœur du père
une femme plus âgée, courant au Sudsœur cadette de la mère
cậuun oncle — et « tu » entre jeunes amis au Nordfrère de la mère
thầyun enseignant hommemaître
anhun homme un peu plus âgé, ou un pairgrand frère
chịune femme un peu plus âgée, ou une pairegrande sœur
emquelqu'un de plus jeune — et sa compagnecadet(te)
bạnun pair, neutre et un peu distantami
mìnhun ou une intime, dans un couplesoi
tôi⚠️ neutre-DISTANT : affaires, inconnus, médias
tao / mày⚠️ très familier entre proches — ou grossier

Votre propre « je » bouge

La moitié qui n'a aucun équivalent en français : ce que vous vous appelez dépend de qui vous écoute. Adressez-vous à quelqu'un par ông et vous êtes cháu. Par em, et vous êtes anh ou chị. La paire bouge ensemble.

Il n'y a donc rien à mémoriser mot par mot. Ce qu'on apprend, ce sont des paires — et chaque paire est une position sociale, pas une traduction.

tôi n'est pas neutre

Presque tous les cours pour débutants enseignent tôi comme « je » et s'arrêtent là. C'est la forme la plus sûre sur le papier et l'une des moins employées dans la vie : c'est la distante. Juste pour les affaires, les inconnus et la radio. Fausse pour un ami, une commerçante, la mère d'un conjoint.

Les apprenants à qui l'on n'a enseigné que tôi passent des mois à sonner froid à chaque phrase, et personne ne le leur dit — parce que corriger le pronom d'un étranger serait lui-même impoli.

La règle qui permet de s'en sortir

Dans le doute, vise plus âgé. L'erreur vers le haut est presque toujours pardonnée ; l'erreur vers le bas ne l'est pas. Seule exception : une femme dont tu surestimerais nettement l'âge.

Et en fin de phrase porte le respect à lui seul. Dans le doute, il achète beaucoup.

S'y entraîner

Ça ne s'apprend pas dans un tableau, ça s'apprend en situation. L'application vous y met : le marché, un comptoir de café, un taxi, et le premier repas chez les parents d'un conjoint. Vous choisissez une paire, et elle vous dit ce que votre choix a coûté socialement — pas s'il était « correct ».

Ouvrir les situations

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